Clichés et mythes
«Qui ne fait rien de mal, n’a rien à craindre»
Ce cliché est incorrect pour plusieurs raisons:
- Le fait que tant d’information est récoltée peut en soi comporter des conséquences négatives. Le gouvernement flamand a lancé mi-février la campagne «Bien dans ta tête» qui encourage les gens à chercher de l’aide s’ils ne sentent pas bien dans leur peau. Mais quand tu sais que les données de contact de chaque appel téléphonique ou émail atterrissent dans une banque de donnés, il peut être plus difficile de franchir le seuil de demande d’aide.
- Le taux d’erreur au moment de récolter, fouiller et lier l’information augmente en parallèle avec l’augmentation de l’information récoltée. Se faire tirer du lit à 6 heures du matin par l’équipe d’arrestation parce qu’il y avait une erreur dans une banque de données ? Cela peut arriver à n’importe qui comme la néerlandaise Renate Tromp. D’après les rapports du Comité P du 2006 et 2007, le maniement des banques de données limités se fait à l’heure actuelle de façon imprécise et inefficace.
- Les services de recherche sont aussi composés que d’humains, mais malheureusement ils se trouvent parmi eux des personnes avec des intentions malhonnêtes. D’après des rapports du Comité P du 2005 et 2007, il apparaît que plusieurs cas d’agents allant fouiller les banques de données pour raisons personnelles, sont connus.
"Rien ne change"
- En ce qui concerne les téléphones fixes, après requête des numéros, on connaissait automatiquement la position des personnes. On réclame que pour les GSMs également soit enregistré la position des personnes qui appellent. Et puisqu’on communique de plus en plus via Internet, on veut là aussi conserver tout un tas de données.
- Il y a récemment, Google a présenté "Latitude", un service qui permet de transmettre constamment votre position à vos amis au moyen d’un smartphone. Va-t-on ici aussi exiger que la police suive également ces personnes ? Avec un téléphone fixe aussi on savait où quelqu’un se trouvait…
- Avec ce genre de législation rien de change en ce qui concerne les considérations juridiques datant du début de la téléphonie fixe. Puisque la téléphonie et son utilisation ont énormément évoluées, leur impact augmente considérablement!
«Nous pouvons faire quelque chose ou ne pouvons rien faire»
- Le gouvernement admet qu’il y a des limites à la législation proposée et qu’il est parfaitement possible de contourner toutes les mesures. Mais, dit-on, cela est vrai pour toute la législation, et mieux faut faire quelque chose que rien du tout ? (Suivi d’un exemple marquant d’un enfant enlevé, d’un terroriste ou d’un gang)
- Cet argument aurait du sens si le coût financier et sociétal de ces mesures serait contrebalancé les avantages attendus de ce système. Comme il est expliqué ailleurs sur ce site, son utilité est très incertaine. De plus, les frais sont très élevés tout comme les atteintes à la vie privée.
- Des alternatives moins cher et ‘plus gentilles pour la vie privée’ comme «data preservation» existent. On ne peut ignorer ces alternatives pour la seule raison que dans certains cas elles sont insuffisantes. Il y a de nombreux facteurs, plus importants, avec lesquels il faut tenir compte.









